marillion >>> "Tumbling Down The Years" & "Size Matters"
2 CD (Racket 33) + 2 CD (Racket 34)

par Christophe Demagny

C'est un rituel désormais immuable, après chaque convention, nous avons le plaisir de nous délecter des traces audio et/ou video de l'événement (Racket, pour le son, y semblant maintenant presque entièrement consacré, les official downloads et FRC se chargeant heureusement du reste). Cette première livraison du Weekend 2009, à nouveau à Port Zelande en Hollande (en attendant l'enregistrement du premier soir, special "Seasons End", le coffret DVD ainsi que les équivalents de la convention canadienne) nous propose des setlists très intéressantes car inhabituelles et régulièrement surprenantes. Car c'est bien sur ces points, encore plus qu'à l'habitude, que Marillion doit désormais préparer ces événements.

Après 2002, 2003, 2005 et 2007, beaucoup de stratagèmes ont déjà été utilisés avec succès et surtout, pratiquement plus aucun titre rare ne reste dans les cartons. Tout juste, logiquement, quelques perles du petit dernier "Happiness Is The Road".

Le concert du deuxième soir, le samedi 21 mars 2009, repose ainsi sur le concept de la machine à remonter le temps, un titre par année en partant de 2008, d'où le titre "Tumbling Down The Years". Une très bonne initiative qui donne une setlist complètement décalée, des enchaînements que l'on ne risque pas d'entendre en tournée, c'est bien le but. La seule véritable grosse surprise repose sur l'interprétation du récent et délicat "A State Of Mind", un des meilleurs titres du dernier album, à ce jour jamais proposé en concert. Le cap est passé malgré les difficultés à faire vivre ce type d'arrangements (la dernière reprise de batterie...). Quelques titres de "Happiness Is the Road" ont toujours un peu de mal à prendre forme en direct (syndrome "Interior Lulu" / "Genie"...? ). Mais sincèrement, un grand bonheur !

Au rayon morceaux rares, on peut aussi noter la présence du très bon "A Legacy" (hélas fort moins bien joué qu'en 99, ça hésite, c'est poussif), de "Drilling Holes", "Cathedral Wall" (pas indispensable mais procurant son p'tit effet, quoique étrangement lent ici), "Genie" (toujours bien trop moyen en concert, final trop lent, voix de tête...) voire "Somewhere Else" et "An Accidental Man" (plus joués depuis la tournée 2007, et pourtant ce dernier sonne toujours aussi frais et spontané !). Ces choix peuvent d'ailleurs parfois paraître gonflés, "Map Of The World", "Hard As Love", "Lap Of Luxury", "The Damage" ou "No One Can" en auront sûrement fait râler quelques uns. Ce dernier titre justement (sublime en acoustique, rappelons-le) tient étrangement la place du titre de 1992 (alors qu'il est présent sur "Holidays In Eden"... sorti en 1991). Considérons donc qu'il représente la compilation sortie cette année-là (ce fut d'ailleurs un single), "Symathy" eût été préférable (mais c'est une reprise). En revanche, "Hard As Love" a bien été composé en 93 (la sortie de "Brave" ayant eu lieu en 94 bien sûr). De même pour de nombreux autres morceaux qui représentent effectivement les années de composition. A ce petit jeu, il aurait d'ailleurs été très amusant et intéressant d'entendre le groupe se frotter aux versions demos d'époque disponibles sur les "Making Of" (pour "An Accidental Man" par exemple).

La fin de ce concert peut apparaître un poil décevante. S'il n'y a logiquement aucun titre de "Seasons End" (joué intégralement la veille avec les B Sides), le jeu n'a pas été joué pour la période Fish. Cela peut parfaitement se comprendre mais bon... Seuls les galvaudés "Slainte Mhath" (Lan, Lan) et "Garden Party" sont là, par principe... "White Russian" ? "Blind Curve" ? "Warm Wet Circles" ? "Cinderella Search" ? "Script" ? "Market" ?... Pour ne parler que de titres déjà joués avec h. Nous ne demandions tout de même pas "Incubus" ou "Chelsea Monday".

Le show du lendemain reprend un thème pas complètement nouveau. En gros, plus c'est long, plus c'est "prog", plus c'est bon ! Equation à prendre au dixième degré, le groupe fait preuve d'un délectable humour avec cet hilarant titre: "Size Matters" (la taille compte) ! ;o)

Rappelons-nous que les internautes avaient voté pour les morceaux désirés de la tournée de septembre/octobre 2001 et que le dernier concert du Weekend 2007 proposait les titres favoris du groupe... tout ceci donnant généralement des setlists orientées "morceaux longs". Alors forcément, la liste des titres est scotchante. Du lourd, très lourd. Oh, pas de surprise radicale puisque les titres sont des réguliers des différentes tournées mais quand même, là, (presque) tout est rassemblé. Tout juste pouvons-nous nous étonner de la présence de la suite "Kayleigh/Lavender/Heart Of Lothian" voire du contestable "If My Heart..." (ce qui a d'ailleurs dû donner des idées pour l'album acoustique qui allait suivre). En revanche, "Interior Lulu", 10 ans après son enregistrement studio, propose enfin une version live électrique à sa mesure, la sublime version acoustique allait bientôt suivre ! Et que dire de ces superbes guitares de Mr. Rothery durant le premier tiers du titre. Magique !

Ces 4 CD donnent donc un excellent avant-goût du DVD à suivre (avec l'intégralité des trois jours), proposant des concerts originaux, aux sons et interprétations excellents (h était un poil gastriquement dérangé le dimanche soir, cela n'est pas audible, l'homme est en très grande forme vocale). La dynamique post-tournée est, une fois n'est pas coutume, indéniable, le travail sonore de Michael Hunter s'affirmant de jour en jour toujours plus précis et indispensable. Car il s'agit sûrement d'une des meilleures productions Racket ! En gros, le son de "Friends" & "Family" en mieux, essentiellement au niveau de la prise de son de la batterie, quasi-parfaite, même si un léger déséquilibre apparaît parfois entre certains sons de synthé de Mark.

Un très grand moment malgré un intérêt musical pas complètement égal au "Popular Music" passé ou à certains sets remplis de titres ou reprises complètement inédits (plus de morceaux non-joués de "Happiness" auraient été les bienvenus). Le caractère désormais relativement routinier et institutionnel de ces Weekends devrait peut-être parfois être remis en cause, là où des "Evening With" de 3 heures avec entracte (et donc rigoureusement les mêmes intérêts musicaux, en concentrés) dans de grandes salles emblématiques de diverses villes (Royal Albert Hall, Bercy...), des samedis soirs, pourraient créer des événements d'envergure, encore plus rassembler, fédérer, décliner le vieux concept de convention (une certaine proximité serait en revanche hélas perdue). Mais ça, ce serait occulter que les Marillion Weekends (et tout ce qui va avec, autour) représentent désormais la deuxième manne financière du groupe...

Mais ne chipotons pas ;o)

"Tumbling Down The Years":
This Train Is My Life; Somewhere Else; Real Tears For Sale; A State Of Mind; The Damage; Genie; Drilling Holes; When I Meet God; Map Of The World; A Legacy; Cathedral Wall

Estonia; An Accidental Man; Out Of This World; The Lap Of Luxury; Hard As Love; No One Can; The Party; Cover My Eyes; Slainte Mhath; Garden Party

"Size Matters ":
A Few Words For The Dead; This Town/ The Rakes Progress/ 100 Nights; This Is The 21st Century; Ocean Cloud; If My Heart Were A Ball It Would Roll Uphill

Interior Lulu; Kayleigh/ Lavender/ Heart Of Lothian; The Invisible Man; This Strange Engine; Neverland

 

[Resituer les concerts dans l'ensemble des enregistrements live publiés]

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