Kino >>> Picture >>> CD (2005)
par Christophe Demagny
Mais qu'est-ce qui fait courir Pete Trewavas ? Depuis quelques années et un malheureux accident de vélocipède (hop ! sans les mains... !), il semble que notre homme ait décidé de croquer la vie à pleines dents ! Et le bougre a bien raison ! De Transatlantic aux deux dernières productions marillioniennes, il s'en donne à coeur joie. De plus en plus impliqué et versatile, ses propensions mélodiques et son sens du groove prononcé nous font découvrir une personnalité peut être un peu trop rapidement cantonnée à un rôle anecdotique.
Accompagné de John Beck (It Bites), John Mitchell (Arena) et Chris Maitland (ancien batteur de Porcupine Tree, très identifiable lors des breaks de "People"), voici donc le premier album de Kino.
L'inaugural "Loser's Day Parade" donne le ton. Finalement assez éloigné d'un attendu néo-prog moderne rapidement stérile, les multiples sections foutrement bien agencées, break Beatles et voix féminine procurent un plaisir bien réel ! S'ensuit un surprenant "Letting Go" complètement AOR, d'un kitsch que les moins de vingt ans auront du mal à référencer. Le chant très agréable de John Mitchell fait presque penser, sur ce titre tout comme sur "Leave A Light On", à Darren Wharton (Dare, ex-clavier de Thin Lizzy). A chacun d'y retrouver ses brebis, d'opiner ou... de zapper :o)
La crainte d'un sous-Transatlantic s'estompe. Très pop mais d'une manière plus 80's que low-fi folk. L'ensemble peut très rapidement être résumé par un mélange FM/Prog (si, si, le break de "Holding On" est prog ! Sacré terme...) comme il ne s'en fait plus guère, un projet très complémentaire dans un style encore inabordé par Pete, justifiant l'aventure.
Quelques petites touches plus baroques ("Swimming In Women", un air de Queen), parfois presque orientales, ou psychédéliques viennent compléter un tableau de prime abord tout de même assez surprenant. Le propre (travers ?) de ce genre de projet reste malgré tout le côté un peu pot-pourri, dans lequel chacun cherche à mettre son ingrédient favori, sans prise de tête ("Room For Two", rock'n'roll !), d'où parfois une certaine auto-complaisance et un manque d'ambition contrariant l'appellation de "chef d'oeuvre" ("Perfect Tense" ne restera pas dans les annales).
Une rondelle recommandable, un petit bol d'air frais qui n'atteint tout de même pas les hauteurs vertigineuses d'un h band.
DVD Bonus - édition limitée:
Quand on s'appelle Kino ("cinéma"), le son, c'est bien, mais avec l'image, c'est mieux :o)
L'édition limitée de l'album propose donc un large extrait du deuxième concert du groupe filmé par la chaîne allemande WDR pour Rockpalast à l'Underground de Cologne le 8 décembre 2004 (show diffusé sur le satellite). Chris Maitland étant indisponible pour l'occasion, c'est donc Steve Hughes qui le remplace au pied levé. Le bougre fait même plus qu'illusion ! La prestation est vraiment excellente. Pour une association de musiciens ayant à peine eu le temps de répéter, c'est limite impressionant de complicité et de facilité ! Les quatre premiers titres de l'album sont donc présentés (pour une durée d'une demi-heure) de manière très simple dans ce petit club germanique à l'ambiance visiblement très fun. La réalisation est irréprochable, sans un étalage de moyens techniques démesurés. A la limite, certains DVD de Marillion gagneraient à être ainsi filmés... :o) Certes, c'est "artistiquement" dépouillé mais... on voit ce qu'il se passe sur scène.
Cette version double de l'album est donc l'achat à privilégier, ne serait-ce que pour contempler la magnifique chemise de l'ami Pete :o)
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